Sóley : Ask The Deep !

Parfois il est de ces albums que l’on n’attendait pas du tout, et qui viennent un jour pointer le bout de leur nez parmi vos nombreux mails en attente d’écoute, alors on laisse de côté, et à un moment on se décide enfin à écouter un titre, juste pour prendre la température… et là on en ressort surpris en se disant qu’on aurait pu passer à côté d’une petite merveille, juste à cause de certains à priori, des impressions persistantes. C’est le cas de Sóley avec son second album, Ask The Deep, qui sort ce vendredi 08 mai chez Morr Music/La Baleine, je dois pourtant avouer que son premier long format, We Sink, bien qu’agréable, ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable, mais tout le monde a le droit de changer d’avis, surtout que l’islandaise a beaucoup évolué depuis 2010, et son premier EP, Theater Island, moment qu’elle a choisi pour se lancer en solo après son aventure avec les Seabear.


Je ne saurais dire si c’est à cause de ses hivers interminables, sa faible densité de population, ou encore sa longue tradition littéraire et poétique mais il semblerait bien que l’Islande regorge d’artistes proposant une certaine pop hantée et aérienne, avec toujours cette recherche de sons mélodiques et un niveau de chant assez remarquable je dois l’admettre.
Sóley Stefánsdóttir (pour la prononciation je vous laisse vous débrouiller… !), après avoir étudié le piano jazz et classique pendant son enfance, s’est tourné vers l’étude de la composition à l’école d’art de Reykjavik, un passage avec les Seabear, deux EP et un album plus tard, elle revient avec Ask The Deep, et pour le coup elle semble enfin aller plus en profondeur dans cet album !
De prime abord, je ne peux m’empêcher d’être frappée par le contraste entre sa voix enfantine et la noirceur de ses textes, mais quand on cherche un peu, on découvre qu’elle puise son inspiration dans la poésie islandaise à l’instar de Davíð Stefánsson (je suis effectivement allée lire quelques uns de ses poèmes et oui ce n’est pas franchement drolatique), mais aussi des auteurs comme Edgar Allan Poe, ce qui donne une touche clair-obscur à l’ensemble… à mi-chemin entre le rêve et le cauchemar !

soley-promo3_by Ingibjo¦êrg Birgisdo¦üttir

Et en dix titres, elle nous embarque dans un monde étrange et fantasmagorique, serait-elle en train de rêver, coincée entre deux réalités, au prise avec des forces maléfiques, Devil, plongée dans une obscurité dont elle peine à se défaire, it’s never sunny anyway, nous susurre t’elle en ouverture de l’album, le piano résonne, lugubre, on sent l’angoisse monter, les percussions deviennent plus présentes, la guitare sature et l’aventure, Ævintýr, commence… tout comme l’exploration musicale, les rythmes tribaux, on bascule dans un sombre conte de fées, you must face your fairytale, en forme de recherche de soi. On rencontre alors une drôle de One Eyed Lady, le cœur s’accélère, et rythme le morceau, sorte de sorcière, distillant sa magie pour retenir l’amour. Óhljóð, interlude de 40 secondes sous forme de bruit nous amène à la jonction du rêve et du cauchemar, en plein Halloween, Tonight the boys dress up like dreamers/ The girls dress up like nightmares, mais l’issue reste toujours floue, Tell me how can I wake up again. Le voyage continue toujours plus en profondeur, Follow Me Down, mais sur ce morceau, plus lumineux, on sent une forme d’acceptation, d’apaisement, le piano se fait cristallin. Retour aux rythmes tribaux, plus en retenue, la lumière est là mais les ombres rôdent… I Will Never, ambiance fantomatique, l’orgue remplace le piano, le pacte est rompu, And I will never ever ever ever… be your woman… Et le rêve continue, apaisé, après l’onirique Dreamers, on termine le voyage avec Lost Ship, morceau épuré, piano classique, le diable n’a plus de prise, retour à la douceur.
Il est difficile d’expliquer l’histoire, il suffit juste de la vivre, et de se laisser prendre par les impressions, les émotions que l’on ressent… un album sans faute pour Sóley, qui a réussi à faire grandir sa musique, en la rendant plus riche et profonde !

Une belle surprise donc, que je ne saurais trop vous conseiller d’aller écouter voire même de vous procurer d’urgence ! L’album de Sóley, Ask The Deep sort ce vendredi 08 mai chez tous les bons disquaires, mais vous pouvez dès à présent vous le procurer par ICI !

Site Officiel / Facebook / Twitter / Morr Music

 

Author: Mag Chinaski

«La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil.» Friedrich Nietzsche

  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *