Orso Jesenska : Effacer la Mer

Voilà une semaine que j’ai reçu l’album d’Orso Jesenska, Effacer la Mer, et après une première écoute j’ai su qu’il ne me serait pas facile de me plonger dans les profondeurs de ces émotions, et effectivement je ne m’étais pas trompée… je me livre rarement par pudeur, restant dans une réserve constante afin de protéger mon âme des regards extérieurs mais ce soir j’ai plongé et j’ai revécu mon histoire et je dois avouer que l’expérience fut belle et douloureuse à la fois. Un album rare et sensible, il est parfois impossible de traduire au travers des mots, les instants d’une vie avec tout ce que ça comporte de doutes, de chagrins, de rêves, d’espoirs, de faux semblants, d’illusions, d’instants heureux, gâchés… et pourtant c’est bien ce qu’il résulte de ces chansons, des synesthésies troublantes, où tous les sens se retrouvent sollicités pour un voyage au creux de soi, un voyage intime dans lequel chacun peut entendre sa propre histoire.


Orso Jesenska, un nom qui réunit cet ours un peu perdu et Milena Jesenska, une de ses références, pour ne citer qu’elle, un artiste inspiré et inspirant, qui après un premier album en 2013, Un Courage Inutile, qu’il a écrit, composé et enregistré seul, à la manière d’un Dominique A, période La Fossette, finira par être signé sur le label marseillais 3H50, qui a sorti son deuxième opus le 16 mars dernier. Un album financé grâce à la plateforme Microcultures, et sur lequel il a su s’entourer de musiciens dont les talents ne sont plus à prouver, on y retrouve Mocke, talentueux guitariste échappé de Holden, Bobby Jocky bassiste au groove hypnotique, Thomas Belhom, percussionniste de génie, Christine Ott, spécialiste des ondes martenot, sans oublier la grande Marianne Dissard, à la réalisation mais aussi au chant.

Et les arrangements sont aussi émouvants que les textes, racontant à eux seul beaucoup, on se sent traversé par mille sensations, des frissons, des picotements, des soubresauts de souvenirs vous envahissent pour ne plus vous lâcher. C’était sans compter sur les textes, poétiques et beaux à couper le souffle… je suis passée du sourire aux larmes, j’ai revécu la douceur de mon enfance dans le sud, mes premiers émois d’adolescente, mes souffrances de femme, avec comme motif dominant une envie de vivre et de revivre encore tous ces moments, car au fond nous ne sommes vivants qu’à travers nos émotions, tenus par l’espoir de jours meilleurs.

Alors je n’ai pas envie de me lancer dans une analyse de chaque chanson de façon mécanique car c’est une expérience à vivre pour soi, en se laissant porter par la vague, je soulignerais juste cette reprise magnifique de Paco Ibanez, Palabras Para Julia, qui m’a beaucoup parlé en ces jours mélancoliques que je connais. Un artiste que je ne suis pas prête d’oublier en grande amoureuse des mots et d’une certaine chanson française, héritage d’un passé poétique qui me touche et m’accompagne depuis toujours.

L’album d’Orso Jesenska, Effacer la Mer, est sorti le 16 mars dernier chez 3H50/Microcultures et il serait dommage de se priver d’un si beau voyage, je vous invite donc à vous rapprocher de votre disquaire ou à vous le procurer au plus vite par ICI.
Et pour ceux qui souhaite découvrir toute la beauté de cet album je vous laisse vous installer et l’écouter paisiblement par là >>>

Facebook / 3H50 / Bandcamp

 

Author: Mag Chinaski

«La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil.» Friedrich Nietzsche

  

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