Monogrenade : Composite, en route vers les étoiles…!

Composite, matériau aux multiples facettes… comme celles qui composent l’âme humaine. Tel est le postulat de base du second album de Monogrenade, sortie le 1er septembre chez Atmosphériques/Bonsounds Records).

Ce groupe canadien, originaire de Montréal, fondé par Jean-Michel Pigeon (voix, piano, guitare) en 2008, composé de François Lessard (basse), Marianne Houle (violoncelle), Mathieu Collette (batterie), Julie Boivin (violon) et Ingrid Wissink (violon) nous embarque dans un voyage rétro-futuriste dans l’espace, en témoigne cette pochette digne d’un roman de Jules Verne !

Après Tantale, sortie en 2012 en Europe, Monogrenade fait un pas de plus vers l’électro en utilisant des vieux synthés et une boîte à rythme LinnDrum, apportant une teinte new wave à leur pop électro francophone.

Composite c’est aussi un voyage au cœur de l’humain, des sentiments comme nous l’explique Jean-Michel Pigeon, «Nous sommes des êtres complexes, composés de notre bagage génétique, de notre environnement, des autres, du hasard. Nous sommes trop petits (ou pas assez) pour comprendre toute la complexité de nos êtres et de notre habitat. Nous voguons là-dedans comme si nous savions ce qu’il fallait faire, ce qui est bien et ce qui est mal. Telles des planètes en orbite autour du Soleil, de vieux ancêtres tournent autour de nous, comme s’ils connaissaient nos secrets.»

Monogrenade_Composite

Vaste programme donc…! Le temps de 10 titres, Monogrenade nous fait voyager au cœur de nous-même, dans un infini proche des astres. Dès le morceau d’ouverture Portal (une référence au jeu vidéo Portal ?), l’ambiance se fait futuriste, intrigante, le début du voyage et l’ouverture sur ce monde étoilé, noyé dans une brume de cordes avant que le piano ne vienne apporter sa touche cristalline, en basculant peu à peu dans le composite…

«Je suis quelque part dans l’espace.. » chante doucement Pigeon, et c’est parti pour un voyage dans les étoiles !

Et tout au long de cet album, on passe par toutes les phases, L’Aimant, et son arrière goût de nostalgie, « tu flottes comme un aimant… », une forme d’attraction/répulsion, dans un rythme précipité, et l’ajout sublime des cordes des Mommies on the Run , quatuor à cordes féminin. Sur Cercles et Pentagones, c’est la basse qui impose son rythme nerveux et marqué, ça sonne new wave et c’est tant mieux, l’ajout des synthés, cette explosion rock, on a soudain envie de danser de s’élever vers l’infini… c’est dense, porté par la beauté des mots, une forme d’introspection.

A noter sur Labyrinthe, la participation de Marie-Pierre Arthur, dans un morceau indie rock à deux voix, qui se répondent dans un écho amoureux. Avec J’attends, on est plus dans le folk rock, la mélancolie est toujours là, malgré le rythme de la guitare… on en revient toujours à l’amour, l’attente, les doutes… le nerf de la guerre !

Attention, un bijou arrive avec Métropolis, hymne électro pop futuriste, boîte à rythmes, synthés et l’utilisation du cor français joué par Pietro Amato… surréaliste ! Mais aussi ce superbe clip à découvrir !

Le vent tourne sur Phaéton, une référence à la mythologie grecque, Phaéton, fils d’Hélios, le Soleil ! La rythmique est obsédante, on sent l’urgence. L’envie d’aller de l’avant, vers la lumière en se détachant des douleurs, on se remet dans la trajectoire… la course est lancé !

Et soudain, Tes yeux qui insuffle une belle fraîcheur pop à l’album avec sa rythmique de guitare funky, ça évoque la sensualité, la douceur de l’amour, avec cet été indien, on prolonge le plaisir, encore… avec nonchalance, single immédiat !

Ce voyage s’achève avec le titre Le fantôme, composition orchestrale, telle une valse lunaire, flottaison du temps, relents de regret, de déceptions et de douleur, le paradoxe de l’homme, en orbite autour des étoiles, parfois dans la lumière, à d’autres dans l’obscurité. Le cycle de la vie ! Quel album ! D’une rare profondeur, tant par la beauté des mots que par celle des arrangements. Un second album qui confirme mes espérances ! Et j’en ressors remplie d’émotions. Un voyage à faire rapidement !

Cet article a été publié à l’origine sur le site Addict Culture.

 

Author: Mag Chinaski

«La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil.» Friedrich Nietzsche

  

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