Carte Blanche à Blind Digital Citizen @Petit Bain

Jeudi dernier c’était la Release Party des Blind Digital Citizen, BDC pour les intimes, au Petit Bain, autant vous prévenir tout de suite que c’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde… après avoir fait mes comptes, j’ai du me rendre à l’évidence, mon budget de stagiaire chez Pôle Emploi à durée indéterminée ne me laissait pas d’autres choix que de manquer ce qui se présentait comme la soirée à ne pas rater ! Alors quand j’ai vu passer le post sur face de bouc du label Entreprise au sujet d’un concours permettant de décrocher le fameux sésame pour cette soirée, je me suis jetée dessus comme un chien sur un os et ma bonne étoile (ou peut-être mon imaginaire fertile ?) m’a permis de gagner une place pour ce concert ! Youpiii ! Euh pardon ça c’était mercredi dernier !

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Mais ce soir-là en plus des BDC, il y avait aussi deux autres groupes, Caandides et Iñigo Montoya que je me suis empressée d’aller écouter avant la soirée, et quelle claque ! Pour être claire, quand on écoute de la musique en mode maniaque il en faut beaucoup pour être titillé, et les groupes qui donnent dans la recherche de sons m’interpellent toujours beaucoup mais en plus quand ils réussissent à me surprendre alors là c’est tout gagné… et Chinaski elle savait qu’elle allait être servie ! Je reviendrais prochainement sur ces deux découvertes audacieuses et délicieusement foutraques, car j’ai envie de m’occuper du cas des BDC depuis la sortie de leur premier album, Premières Vies, le 30 mars dernier, que je voulais chroniquer, alors l’occasion est trop belle, car en live ça prend encore plus d’ampleur et c’est rien de le dire !

Mince depuis 2012 que j’attends ça, je me souviens quand votre premier EP est sorti, Le Podium #5, avec ce sublime morceau d’ouverture Strauss, une naissance, un premier souffle, les battements d’un cœur au travers de la batterie, c’est vrai qu’en live, j’ai pensé aux Pink Floyd, sans doute que ce prisme dispersif, symbole de transformation de la lumière, en fond visuel n’y est pas étranger… parfois les impressions cinétiques que provoquent la musique sont inexplicables, mais j’ai réécouté Dark Side of the Moon, avant de me lancer et finalement c’est pas si éloigné que ça, dans l’idée, on évoque le commencement, la naissance, le début de quelque chose ! Et dans cet EP on retrouve également, deux titres qui referont surface sur cet album trois ans plus tard, Reykjavik 402, pour lequel je n’ai pu m’empêcher de penser à Bashung période Play Blessures, bien sûr cela a été évoqué par tout le monde, mais dois-je préciser que je suis une fan inconditionnelle de Bashung depuis mon adolescence, ça ne m’aurait pas échappé, dans les sons de synthés proprement 80’s, cette diction talk over à souhait, François mais tu as parfaitement saisi ce truc, ce qui fait sonner les mots, pour leur donner le sens que chacun veut bien entendre !


Pour les références, bordel les mecs, mais ce n’est pas possible, je me suis gavée de SF dans mes tendres années, la faute à papa il parait, mais là, vous me faites partir en plein délire dystopique, j’ai ressorti tous mes bouquins de Barjavel, Damasio, Huxley, vous êtes complètement habités de préceptes contre utopiques ! Et ce morceau War, j’avoue, c’est un de mes préférés, comme perdue dans cette jungle peuplée d’êtres étranges, une projection dans un avenir immédiat, l’espoir est là, l’avenir est ici, pourquoi vouloir y échapper ? Toutes ces sensations je les ai vécu en concert, décuplées par une force sonique assez redoutable, j’ai senti mon corps trembler, vibrer, mourir, renaître… 2013, votre second EP sort, Enfant Flamme, et encore une fois vous me faites partir, il paraît que celui-ci symbolise l’adolescence, je suis curieuse, j’aime savoir de quoi je parle, cette pochette, la transformation de Sangoku, oui j’ai grandi dans les années 80 alors Dragon Ball ça me parle, allégorie du passage difficile à l’âge adulte, le morceau Shida, est encore plus marqué Bashung… je fonds littéralement, et je me dis à quand l’album ? Après Ravi en 2014, très second degré, ouais ça me dit qu’on baise, enfin surtout mes oreilles, il sort quand cet album, que je jouisse une bonne fois pour toute… plus c’est long, plus c’est bon comme on dit alors je patiente, encore… je ferme les yeux, et là je pense plus à l’Imprudence de Bashung, la vie qui commence, je sais qu’on n’est pas loin, la maturité arrive !


Et miracle, début mars, pour la sortie digitale, on y est, c’est bientôt mon anniversaire, et ça arrive enfin, Premières Vies est là, je peux enfin saisir toute l’étendue de ce renouveau ! Vous avez grandi, je m’embarque à bord de ce voyage interstellaire, 6740, je vis le renouveau d’une certaine chanson française, il semblerait que les frontières soient enfin abolies, métaphore d’un son inclassable, il semble difficile de vous mettre dans une case à présent, votre son est unique, j’ai du mal à vous comparer à qui que ce soit, bien que des influences multiples me viennent à l’esprit. Lors de ce concert, j’ai pensé aux Floyd, comme je l’ai évoqué avant, Dark Side of the Moon pour le concept, naissance, vie… le prochain cap c’est la fin ? J’ai aussi pensé à Ez3kiel, je me trompe peut-être mais Louis a une frappe qui m’a évoqué ces mecs, et au vue de vos visuels, qui prennent tant de sens grâce au coup de crayon magistral de Jean Turner, moi je verrais bien un live avec des visuels à la hauteur de vos sons, mais je pense que ça va venir, vous avez toutes les cartes en main pour ça ! Au Petit Bain, j’ai pu saisir toute l’ampleur de vos possibilités, toutes ces références, certaines qui me frappent, d’autres qui doivent m’échapper mais dont j’aimerais bien saisir toutes les aspérités,  si je vous dis que j’ai aussi pensé à Rimbaud, ouais je le dis, peut-être parce qu’à un moment François dit distinctement Une Saison en Enfer sur Cumbia, la quête d’un salut, une autodérision de la vie, 1986, Tchernobyl… Bashung l’évoque aussi dans le Dimanche à Tchernobyl, au ciel… scandé comme une prophétie … vous en avez des références qui me parlent, je vous cache pas que j’aimerais beaucoup en parler avec vous, vous avez piqué ma curiosité, depuis je n’arrête pas d’écouter vos titres, comme pour percer enfin le symbolisme BDC !

Pour conclure, car il faut bien que je finisse cette pseudo chronique livre report, car depuis quelques jours je n’arrête pas d’écouter Play Blessures, L’imprudence, les Floyd, Ez3kiel, Zombie Zombie, MGMT, de la deep-house mais aussi je fouille dans mes bouquins de SF, de poésie…. Aaaaaaahhhhh ! Vous me rendez dingue… mais j’adore ça ! Alors on en parle ou bien ?

Bon ben vous avez compris que j’ai beaucoup aimé l’album des Blind Digital Citizen, Premières Vies, qui est sorti le 30 mars dernier chez Entreprise, label au combien essentiel dans le paysage musical français ! Mon prochain achat vinyle est celui-ci, assurément, je vous invite à en faire autant par ICI ou chez un bon disquaire, mais oui ça existe encore, non mais ! Et pour vous faire une idée de la chose, une écoute s’impose >>>

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Author: Mag Chinaski

«La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil.» Friedrich Nietzsche

  

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